Door, wi(n)dow, song for karma’s lake

Semence de lac (2005)

Semence de lac (2005 – 2006) est un tableau assez simple parce qu’il n’a pas couche sur couche sur couche d’histoires, tranches de vie, archéologies humaines vécues et perçues. Obstacles semblant insurmontables à l’époque, souvenirs aujourd’hui en vivant d’autres sauts d’obstacles bloqués. La vie qui passait à côté passait sans que la tristesse ne sorte, que ce soit par une porte, une fenêtre, une balade, une chanson. Plutôt une prison de vie, comme beaucoup d’autres en vivent au moment où ces mots sont écrits. Ces impressions expliquent en partie le titre du tableau. Un moment qui, vu sa teneur émotionnelle et figée, donnerait sans doute un lac de larmes plus tard. Un renouveau aussi, une fois le sac de semences de quotidien ‘vidé’ et transformé en un lac de larmes, une source de vie et d’une forme de tranquillité, peut-être de sérénité.

Dans un registre touchant à la subjectivité et l’interprétation personnelle, plutôt que des couches créant une texture et une certaine saveur émotionnelle, le travail a été orienté vers l’idée d’un ‘dedans’ et d’un ‘dehors’ qui se confondent dans une sorte d’aveuglement désorienté. Le soleil pleure de traces de pluie alors que le papier peint fleuri est aussi des arbustes colorés. Le regard presque vide est celui d’un masque inspiré par les traits d’un autre masque, Fang, tandis que le lac à venir un demain est ce qu’il y a de plus limpide et clair, en bas à droite du tableau, dans ce décor aveuglé.

‘La peinture, c’est un œil, un œil aveuglé, qui continue de voir, qui voit ce qui l’aveugle.’

– Bram van Velde

Yeux d’éponge qui aimerait parfois éponger les expériences et contextes exprimés, oublier qu’ils existent. En espérant que d’autres regards y verront d’autres choses, d’autres reflets de leurs regards.